DIM Review
Revue Internationale de Gestion des Connaissances et de Planification Stratégique

 

Les Programmes de Recherche Dirigée DIM traduisent le Modèle DIM de Recherche Dirigée (DIM-RD) en dispositifs scientifiques concrets.

Chaque Programme de Recherche Dirigée part d’une problématique stratégique documentée et scientifiquement cadrée. Il organise autour d’elle une architecture de recherche pouvant associer plusieurs chercheurs, disciplines, universités, institutions partenaires et niveaux de formation.

L’objectif n’est pas d’accumuler des travaux isolés.

Il est de construire un ensemble cohérent de recherches principales et dérivées capables de se compléter, de se prolonger et de produire progressivement une connaissance cumulative.

De la problématique au programme scientifique

Un Programme de Recherche Dirigée commence généralement par :

l’observation d’une réalité ;
l’identification d’un besoin ;
un diagnostic scientifique ;
une analyse prospective ;
une concertation avec les partenaires concernés.

Lorsque la problématique est jugée scientifiquement pertinente et suffisamment documentée, elle peut être transformée en programme structuré.

Le programme définit notamment :

la question centrale ;
les objectifs scientifiques ;
les hypothèses ou propositions de recherche ;
les disciplines nécessaires ;
les partenaires concernés ;
les données requises ;
la méthodologie ;
les responsabilités ;
les livrables ;
les modalités d’évaluation.

La concertation avec les partenaires contribue à identifier les besoins, les contraintes, les terrains et les données disponibles. Elle ne doit toutefois jamais conduire à prédéterminer les résultats ou les conclusions scientifiques.

Recherche principale

La Recherche Dirigée principale constitue le noyau scientifique du programme.

Elle porte sur une question suffisamment large pour justifier une architecture de recherche coordonnée, mais suffisamment précise pour pouvoir être scientifiquement analysée.

Selon la problématique, elle peut mobiliser des approches :

exploratoires ;
descriptives ;
explicatives ;
comparatives ;
prospectives ;
longitudinales ;
expérimentales ;
quasi expérimentales ;
ou appliquées.

Le choix méthodologique dépend de la question scientifique, de l’état des connaissances, des données disponibles et des conditions du terrain. Il ne doit pas être imposé par un format prédéfini.

Recherches dérivées

Une problématique complexe peut générer plusieurs recherches dérivées.

Ces recherches peuvent approfondir notamment :

une variable ;
un mécanisme ;
un territoire ;
une population ;
une institution ;
une discipline ;
une période ;
ou une composante spécifique du problème étudié.

Elles peuvent être conduites par :

des chercheurs confirmés ;
des chercheurs associés ;
des doctorants ;
des étudiants de Master ;
des équipes interdisciplinaires ;
ou plusieurs institutions partenaires.

Chaque recherche dérivée doit conserver son autonomie scientifique, son cadre méthodologique et ses propres résultats.

Elle contribue néanmoins à la compréhension cumulative de la problématique commune.

Exemple d’architecture

Une problématique générale telle que :

Transformation de la performance publique

peut, par exemple, générer des recherches dérivées portant sur :

la gestion des connaissances ;
la transformation numérique ;
le leadership ;
la qualité des données ;
la coordination institutionnelle ;
la gouvernance ;
l’apprentissage organisationnel ;
la formation des cadres ;
l’évaluation des politiques publiques ;
ou d’autres mécanismes pertinents.

Les résultats ne doivent pas être artificiellement fusionnés.

Le programme cherche plutôt à les confronter, à identifier leurs convergences, leurs divergences, leurs limites et leurs complémentarités afin de produire une compréhension plus complète de la problématique étudiée.

Construction des équipes

Chaque programme peut associer plusieurs niveaux de responsabilité scientifique :

direction scientifique ;
coordination du programme ;
chercheurs principaux ;
chercheurs associés ;
méthodologues ;
spécialistes des données ;
doctorants ;
étudiants de Master ;
experts spécialisés.

La répartition des responsabilités doit être fondée sur la compétence, la contribution réelle, la traçabilité des tâches et les règles reconnues d’intégrité scientifique.

Le statut institutionnel d’un participant ne doit pas se substituer à l’évaluation de sa contribution effective.

Intégration des jeunes chercheurs

Les jeunes chercheurs ne doivent pas être limités à des fonctions d’exécution.

Le modèle DIM-RD vise progressivement à leur permettre de :

participer à une recherche ;
conduire une sous-recherche ;
développer leur autonomie méthodologique ;
diriger une recherche dérivée ;
coordonner un axe ;
puis accéder à des responsabilités scientifiques plus importantes.

Le Programme de Recherche Dirigée devient ainsi à la fois un dispositif de production scientifique et un mécanisme de développement des capacités de recherche.

Coopération interuniversitaire

Une même problématique peut être étudiée par plusieurs universités et centres de recherche lorsque leurs compétences sont complémentaires.

Cette coopération peut permettre :

de mobiliser différentes disciplines ;
de comparer plusieurs contextes ;
de partager certaines méthodologies ;
de développer des bases de données communes ;
de construire des réseaux scientifiques durables ;
et de favoriser les recherches comparatives nationales ou internationales.

Toute coopération doit néanmoins préserver l’indépendance méthodologique des équipes et préciser les responsabilités scientifiques de chaque partenaire.

Dimension nationale et internationale

Une Recherche Dirigée peut commencer dans un pays, une institution ou un territoire spécifique.

Elle peut ensuite être prolongée à différentes échelles :

locale ;
nationale ;
sous-régionale ;
régionale ;
continentale ;
ou internationale.

Cette progression ne doit jamais effacer les spécificités du contexte étudié.

Un résultat obtenu dans un pays ou une population ne doit pas être automatiquement généralisé à d’autres contextes sans démonstration suffisante.

Les comparaisons internationales doivent tenir compte notamment des différences institutionnelles, sociales, économiques, culturelles, juridiques et historiques.

Cycle de vie d’un programme

Le cycle général peut être représenté ainsi :

observation → besoin → diagnostic → prospective → concertation → programmation scientifique → recherche principale → recherches dérivées → analyse → évaluation → publication → transfert → suivi des effets → nouvelles questions de recherche.

Chaque étape doit être documentée.

Le cycle n’est pas strictement linéaire. Les résultats obtenus peuvent conduire à reformuler la problématique, à modifier certaines hypothèses ou à ouvrir de nouveaux axes de recherche.

Statuts d’avancement

Les Programmes DIM peuvent évoluer selon plusieurs statuts clairement identifiés :

idée ou besoin identifié ;
diagnostic ;
concertation ;
accord scientifique ;
préparation méthodologique ;
recherche active ;
analyse ;
soumission scientifique ;
publication ;
transfert ;
suivi des effets ;
nouvelle génération de recherches.

Cette traçabilité permet de distinguer un projet envisagé, un programme en préparation, une recherche effectivement active et un programme ayant produit des résultats documentés.

Critères de lancement

Une Recherche Dirigée ne devrait être lancée que lorsque plusieurs conditions minimales sont réunies :

la problématique est suffisamment documentée ;
la question scientifique est claire ;
la méthode est adaptée ;
les compétences nécessaires sont mobilisables ;
les partenaires utiles sont identifiés ;
l’accès aux données ou aux terrains est raisonnablement assuré ;
les responsabilités sont définies ;
les risques éthiques sont évalués ;
les conflits d’intérêts sont déclarés ;
et l’indépendance scientifique est garantie.

Lorsque ces conditions ne sont pas suffisamment réunies, le lancement doit être différé, reformulé ou limité à une phase exploratoire.

Mesure des résultats

Un Programme de Recherche Dirigée ne doit pas être évalué uniquement par le nombre d’articles produits.

Son évaluation peut également porter sur :

la qualité scientifique ;
la robustesse méthodologique ;
la contribution au programme commun ;
la coopération scientifique ;
la formation de chercheurs ;
la création de nouvelles données ;
la génération de nouvelles questions de recherche ;
le transfert de connaissances ;
la continuité des collaborations ;
et les effets documentables observés dans le temps.

Il convient de distinguer clairement :

production scientifique, contribution au programme et impact.

Une publication constitue une production.

Elle ne prouve pas, à elle seule, une contribution institutionnelle durable ni un impact social, organisationnel ou stratégique.

Publication et indépendance éditoriale

La participation à un Programme de Recherche Dirigée ne garantit aucune publication dans DIM Review.

La programmation scientifique, la conduite de la recherche, l’évaluation par les pairs et la décision éditoriale doivent rester distinctes.

Cette séparation protège l’indépendance scientifique du programme et l’indépendance éditoriale de la revue.

Finalité

Un Programme de Recherche Dirigée est scientifiquement fécond lorsqu’il laisse derrière lui davantage que son résultat immédiat :

de nouvelles connaissances ;
de nouvelles compétences ;
de nouvelles collaborations ;
de nouvelles données ;
de nouvelles méthodes ;
de nouvelles capacités scientifiques ;
et de nouvelles questions de recherche.

La finalité du programme n’est donc pas seulement d’achever une recherche.

Elle est de construire une capacité durable à produire, transmettre, renouveler et mobiliser les connaissances à un niveau scientifique progressivement plus élevé.

Le Programme de Recherche Dirigée transforme ainsi une problématique stratégique en architecture cumulative de recherche, de formation scientifique et de production de connaissances.