DIM Review
Revue Internationale de Gestion des Connaissances et de Planification Stratégique

 

Principes scientifiques du modèle DIM de Recherche Dirigée

Le Modèle DIM de Recherche Dirigée — DIM-RD repose sur un ensemble de principes destinés à garantir que l’orientation stratégique de la recherche ne compromette jamais son indépendance scientifique.

Ces principes définissent la frontière entre une recherche organisée autour d’un besoin réel et une recherche dont les résultats seraient prédéterminés.

1. Diriger la problématique, jamais la conclusion

Le premier principe est fondamental :

Diriger la recherche vers le problème, jamais vers la conclusion.

Les partenaires peuvent convenir :

de la problématique ;

des objectifs scientifiques ;

du périmètre ;

des données recherchées ;

des compétences nécessaires ;

et de l’organisation du programme.

Ils ne peuvent imposer :

les résultats ;

leur interprétation ;

ou la conclusion scientifique.

Une Recherche Dirigée doit pouvoir confirmer, nuancer ou réfuter ses hypothèses initiales.

2. Partir de la réalité observable

Une Recherche Dirigée ne doit pas être créée uniquement parce qu’un sujet paraît intéressant.

Elle doit pouvoir être reliée à :

une réalité documentée ;

une lacune scientifique ;

un besoin institutionnel ;

une transformation sociétale ;

un risque émergent ;

ou une problématique future suffisamment justifiée.

La première fonction de DIM-RD est donc le diagnostic.

3. Distinguer fait, hypothèse et interprétation

Le modèle exige une séparation claire entre :

ce qui est observé ;

ce qui est supposé ;

ce qui est interprété ;

et

ce qui reste inconnu.

Cette distinction réduit le risque que les convictions initiales deviennent artificiellement des conclusions scientifiques.

4. Préserver l’autonomie méthodologique

Le chercheur reste responsable de :

la méthode ;

l’échantillonnage ;

la collecte des données ;

l’analyse ;

l’interprétation ;

la reconnaissance des limites.

Les partenaires peuvent participer à la conception du programme, mais la méthode doit rester scientifiquement justifiée.

5. Garantir la possibilité de réfutation

Une hypothèse qui ne peut jamais être contredite ne constitue pas une hypothèse scientifique suffisamment robuste.

Toute Recherche Dirigée doit donc accepter la possibilité que :

la relation attendue n’existe pas ;

un dispositif soit inefficace ;

un résultat soit contraire aux attentes ;

ou qu’une question initiale doive être reformulée.

Les résultats négatifs ou non significatifs possèdent également une valeur scientifique.

6. Organiser la cumulativité des connaissances

Chaque recherche doit pouvoir préciser :

ce qu’elle reprend ;

ce qu’elle teste ;

ce qu’elle complète ;

et

ce qu’elle ouvre.

L’objectif est d’éviter que chaque projet recommence intellectuellement à zéro.

Les données, méthodes et résultats doivent être capitalisés lorsque les conditions scientifiques, juridiques et éthiques le permettent.

7. Associer prospective et rigueur scientifique

La prospective occupe une place importante dans DIM-RD.

Mais un scénario prospectif n’est jamais présenté comme une prédiction certaine.

Il sert à explorer :

les transformations plausibles ;

les risques ;

les ruptures ;

les opportunités ;

et les capacités qui pourraient devenir nécessaires.

Le futur devient ainsi un objet de préparation scientifique, non une certitude annoncée.

8. Organiser la pluralité des compétences

Les problématiques complexes peuvent nécessiter plusieurs disciplines.

DIM-RD favorise donc :

la multidisciplinarité ;

l’interdisciplinarité ;

la coopération entre universités ;

et la coopération internationale.

Mais la présence de plusieurs disciplines ne suffit pas.

L’interdisciplinarité suppose :

une question commune ;

des méthodes articulées ;

et une intégration des résultats.

9. Reconnaître la contribution réelle

La qualité d’auteur, la responsabilité scientifique ou la valorisation DIM doivent reposer sur une contribution réelle.

Le statut administratif ou académique ne suffit pas.

Les contributions peuvent concerner :

la conceptualisation ;

la méthodologie ;

la collecte ;

l’analyse ;

la rédaction ;

l’encadrement ;

la gestion des données ;

ou la coordination scientifique.

10. Séparer recherche, évaluation et publication

Afin de limiter les conflits d’intérêts, DIM-RD distingue :

la programmation scientifique ;

la conduite de la recherche ;

l’évaluation par les pairs ;

la décision éditoriale ;

et

l’évaluation par le Baromètre DIM.

Une même personne ne doit pas contrôler seule l’ensemble du processus.

11. Protéger les chercheurs et les participants

Les recherches doivent respecter :

la confidentialité ;

le consentement lorsque requis ;

la protection des données ;

la dignité des participants ;

les règles éthiques applicables ;

et la gestion des conflits d’intérêts.

Les données scientifiques ne doivent pas être utilisées pour sanctionner abusivement les participants à une recherche.

12. Distinguer publication, transfert et impact

Une publication n’est pas automatiquement un impact.

DIM-RD distingue :

production scientifique ;

diffusion ;

utilisation ;

adoption ;

transformation ;

et

impact durable.

Ces niveaux doivent être documentés séparément.

13. Ne pas exagérer la causalité

Une recherche peut contribuer à un changement sans en être la cause unique.

Lorsque la causalité n’est pas démontrée, les formulations doivent rester précises :

a contribué ;

a été utilisé ;

a accompagné ;

est associé à.

DIM-RD refuse l’attribution causale non démontrée.

14. Mesurer dans le temps

La recherche scientifique ne doit pas être évaluée uniquement au moment de sa publication.

DIM-RD privilégie lorsque cela est pertinent :

la mesure initiale ;

le suivi longitudinal ;

la comparaison ;

et l’observation de la durabilité.

L’objectif est de distinguer un effet ponctuel d’une capacité réellement construite.

15. Développer les chercheurs

La recherche doit également contribuer au développement scientifique humain.

Les jeunes chercheurs doivent progressivement accéder à :

davantage d’autonomie ;

des responsabilités méthodologiques ;

la coordination ;

l’encadrement ;

et la direction de nouvelles recherches.

Le modèle considère la transmission scientifique comme une dimension de la performance d’un programme.

16. Accepter l’échec scientifique

Un programme peut échouer.

Une hypothèse peut être réfutée.

Une intervention peut ne produire aucun effet.

Un partenariat peut ne pas fonctionner.

Ces résultats doivent être documentés et analysés.

L’échec méthodologiquement bien étudié produit de la connaissance.

17. Soumettre DIM-RD à ses propres principes

Le modèle DIM de Recherche Dirigée ne se place pas en dehors de l’évaluation scientifique.

Il doit lui-même pouvoir être :

testé ;

comparé ;

critiqué ;

corrigé ;

et éventuellement réfuté.

Sa crédibilité dépendra de la qualité des preuves produites au cours de son expérimentation.

Principe de synthèse

La philosophie scientifique de DIM-RD peut être résumée par quatre exigences :

pertinence sans instrumentalisation ;

orientation sans prédétermination ;

coopération sans perte d’indépendance ;

ambition sans exagération de la preuve.

C’est sur cet équilibre que repose la crédibilité scientifique du modèle DIM de Recherche Dirigée.